Espace Professionnel

N° Maison des Artistes: M0663-83/ N° SIRET: 397 490 129

 

 Document 1: exemple de synthèse explicative du positionnement de Jean-Paul Muslin/ Référence à la lecture de ce travail par Guy Denis (voir texte ci-dessous)

 

Jean-Paul Muslin, expressionniste singulier,

artiste « agonique »

 

« Agonique ». Même si ce terme lui convient parfaitement, ce n’est pas Jean-Paul Muslin qui se définit ainsi mais c’est Guy Denis, écrivain et galeriste (Galerie La Louve, Arlon, province du Luxembourg, Belgique) qui le qualifie ainsi.

Dans son essai « Les peintres de l’agonie » (Bernard Gilson Editeur, 2008) Guy Denis définit ainsi les peintres de l’agonie :

« Les œuvres des artistes de la douleur ne relèvent ni de l’art naïf, ni de l’art brut, ni des arts premiers. Leur originalité vis-à-vis de ces stylistiques comme celles des Expressionnistes du Nord, tient dans l’utopie, le déracinement, le désengagement, la dépolitisation. L’artiste apparaît tel un envoyé dans le « lointain intérieur ». Il s’est débarrassé de la norme sociétale mais non de la tradition picturale, pour retrouver une pensée sauvage qui tient de l’instinct et de la folie, ce qui n’empêche point la poésie ni l’invitation au rêve »

 

Jean-Paul Muslin est bien un artiste de la douleur et un artiste singulier non pas tant à cause de la dénomination actuelle d’un courant artistique mais bien par sa singularité propre. Si cette « singularité » est réelle elle ne tient pas seulement dans le fait qu’il soit malvoyant ; en effet, il ne dit pas autre chose que ce qu’il disait avant de le devenir : il parle de l’homme souffrant, perdu dans ses contradictions, qui se cache, qui cache son identité pourtant ignorée de lui-même et que ses heures de « zone grise » gouverne. Puisque « singularité » il y a, elle réside, bien au-delà du regard, dans cette obsessionnelle tentative d’identification de ces zones grises et sans doute dans l’expression plastique de celle-ci.

 

Il est né à Paris en 1948. Après des études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (1965-1971) et à l'UER de scénographie de la Faculté de Censier (1968-1971), son parcours professionnel embrasse longtemps les arts plastiques et les métiers du spectacle.

Jusqu’en 2001, les expositions de sculpture, gravures et dessins alternent donc avec les interventions au théâtre et l’audiovisuel.

 

C’est précisément à cette époque que sa carrière s’interrompt: en effet, il est frappé par une maladie des yeux qui le rend malvoyant et c’est seulement après un silence de plus de 10 ans, qu’il retrouve le moyen de travailler de nouveau. Ce moyen, ce sera sa mémoire.

Tout le travail de Jean-Paul Muslin, à toutes les époques, s’articule autour du même « sujet »  si l’on peut dire. Ce « sujet », c’est le corps, les corps, la face, les faces, dans les tourments, la souffrance, l’érotisme et la mort.

Depuis toujours, habité par une mémoire de l’horreur totale, il ne cesse d’interroger les mécanismes cachés à l’homme lui-même qui mènent à cette sorte d’éviscération mentale et laisse l’humain en lambeaux.

Dans son travail de plasticien, ainsi que dans certaines recherches théâtrales (« Procès de Gilles de Rais »), il va puiser chez Georges Bataille notamment, les clés de lecture possibles de cette « zone grise » évoquée par Primo Lévi et qui le hanta.

C’est ce souci constant de décriptage de cette zone toujours secrète qui le projette dans ces formes « viscéralisées » qui constituent l’expression même de son travail..

Le MASQUE, la POUPEE, vrai faux masque, deviennent alors pour lui, déjà bien avant la maladie des yeux, le catalyseur majeur de cette recherche dans ce champ si vaste, qui va du mysticisme à la tradition théâtrale, scénographique, sans que les frontières n’en soient visibles. Le masque, la poupée, sortes de profanation du secret, deviennent objets à inventer pour dépasser en quelque sorte l’acte de profanation.

 

 « Le principe de la profanation est l’usage profane du sacré » (Georges Bataille dans le traité « l’érotisme »)

 

Masques et poupées sont bien pour Jean-Paul Muslin la forme interrogative la plus proche de la mémoire et la mémoire, c’est depuis la malvoyance, le moyen unique de transmettre, de capter quelque chose de cette fantastique bibliothèque, banque d’images accumulée au fil des années qui puise ni dans le beau ni dans le laid, mais dans l’énigme que constitue la zone mortifère absolue. Depuis la maladie -et même avant mais plus inconsciemment- c’est la mémoire de la mémoire qui va constituer le moteur sans lequel rien n’est possible de l’exploration des « zones grises » du monde.

 

Le dessin

 

Il est aisé de comprendre que pour Jean-Paul Muslin, c’est le vocabulaire incontournable.

Comment imaginer en effet que les formes poupées, masques, aient prendre forme sans avoir préexisté dans cette mémoire déjà évoquée, sous forme de dessins…et les dessins de Jean-Paul Muslin sont des « séries » c’est-à-dire des témoignages de cette hâte d’inscrire au plus vite ce qui risquerait d’être perdu. Ils sont à la fois la trace nécessaire de la mémoire et l’annonce des formes dans l’espace, sans pour cela constituer ce que l’on appelle souvent des travaux préparatoires.

Les dessins n’ont rien à voir avec cela, ils existent à part entière et se suffisent à eux-mêmes, ils ne sont ni explicatifs des sculptures, ni illustratifs, ni même complémentaires de celles-ci. Jean-Paul Muslin est sculpteur, et comme tous les artistes de sa génération formés de façon académique, le dessin est le langage premier, cette sorte de langue maternelle que l’on n’oubliera jamais.

Cette langue va se façonner avec la sensibilité, la perception, la culture de l’artiste et former un registre de langage propre, une écriture avec sa propre logique grammaticale.

 

Surtout, ils se veulent exister non pas au-delà de la virtuosité, mais surtout malgré elle.

 

Cf extrait du texte de présentation sur le site de J.P.Muslin :

« Son parcours artistique, à la fois académique et varié, s'est révélé être cette expérience indispensable, cette matière malléable faite d'automatismes à réapprendre et à détourner, de souvenirs tant visuels qu'auditifs, de corps, de visages, de mouvements, de torsions, de sourires et de grimaces, d'images de mort, de faces révélées sans cesse occultées, toute cette matière à disposition comme moteur, comme aliment de la mémoire.
Il s'est souvenu aussi d'artistes chers, comme Gaston Chaissac, et de ses mains qui aimaient à se cacher derrière son dos pour dessiner.
Oui, ces techniques connues, classiques et pas mal oubliées qu'il avait lui-même enseignées à ses étudiants, histoire de leur dire « attention, ne vous fiez jamais à votre aisance possible, peut-être même à votre virtuosité, ne restez jamais à la surface des choses, allez chercher l'essentiel dans le noir, dans la nuit... »

 

Si le dessin est ce langage, cela veut dire que Jean-Paul Muslin qui n’est pas très bavard,  dessine beaucoup. En effet. Des centaines de dessins,  faits souvent au pinceau à calligraphie, à l’encre, avec cette urgence qui caractérise son travail. Toujours cette hâte de la trace à laisser, du nécessaire témoignage…

 

Voici donc une sélection de quelques dessins, principalement réalisés au moyen de 3 techniques familières pour J.P.Muslin : le pinceau, le crayon de couleur et le feutre. Ces dessins sont au format raisin.

 

 

Parcours professionnel

Jean-Paul Muslin est né à Paris en 1948. Après des études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris (1965-1971) et à l'UER de scénographie de la Faculté de Censier (1968-1971), son parcours professionnel embrasse longtemps les arts plastiques et les métiers du spectacle.

Depuis 1995, il vit et travaille à Neuilly Saint Front où il a installé son atelier.

Les arts plastiques

Depuis la reprise d’activité en 2012

Dessin, sculpture, gravure, gravure en médailles, livre d'artiste 13 éditions Monnaie de Paris (de 1978 à 2001), expositions collectives et personnelles

Entre 1985 et 1995, la Monnaie de Paris a présenté à plusieurs reprises des réalisations de Jean-Paul Muslin : Bucarest, Colorado Springs, Montréal,...

 

Le théâtre / la télévision / l'enseignement entre 1972 et 1997

 

 

Document 2 ( en français et en anglais)

Exemple de synthèse présentation/travail réalisée pour un appel à artiste:

Parcours professionnel

Jean-Paul Muslin est né à Paris en 1948. Après des études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris (1965-1971) et à l'UER de scénographie de la Faculté de Censier (1968-1971), son parcours professionnel embrasse longtemps les arts plastiques et les métiers du spectacle.

Ainsi, de 1971/72 jusqu’à l’année 2001, il enchaîne expositions de dessins, gravures et sculptures, les commandes publiques (Monnaie de Paris) et son travail dans le théâtre, la télévision.

Mais sa carrière s’interrompt vers 2001 : en effet, à cette époque il est frappé par une maladie des yeux qui le rend malvoyant. Il pense alors ne plus jamais pouvoir travailler, et perd pied.

C’est seulement après un silence de plus de 10 ans, qu’enfin, il retrouve, après tentatives et échecs, le moyen de travailler de nouveau. Ce moyen, ce sera sa mémoire.

Son travail, jusqu’alors très fortement orienté sur le corps, l’anatomie, l’érotisme, devient totalement radical dans cette recherche, et de radical il devient résolument singulier.

Les premiers dessins de Jean-Paul Muslin depuis la reprise de son travail datent de fin 2011/2012, et les nouveaux masques et poupées suivent.

 

 

 

 

 

Le travail

Tout le travail de Jean-Paul Muslin, à toutes les époques, s’articule autour du même « sujet »  si l’on peut dire. Ce « sujet », c’est le corps, les corps, la face, les faces, dans les tourments, la souffrance, l’érotisme et la mort.

Depuis toujours, habité par la mémoire de l’horreur totale, il ne cesse d’interroger les mécanismes cachés à l’homme lui-même qui mènent à cette sorte d’éviscération mentale et laisse l’humain en lambeaux.

Dans son travail de plasticien, ainsi que dans certaines recherches théâtrales (« Procès de Gilles de Rais »), il va puiser chez Georges Bataille notamment, les clés de lecture possibles de cette « zone grise » évoquée par Primo Lévi.

Son INTIME, ce souci constant de décriptage de cette zone toujours secrète le projette nécessairement dans l’EXTIME que constitue bien sûr l’expression même de son travail. Dès lors, il n’existe plus de frontière entre les deux, l’expression devenant une nécessité de vie absolue.

LE MASQUE, au sens large du terme devient alors pour lui, déjà bien avant la maladie des yeux, le catalyseur majeur de cette recherche.

Comment ne pas investir ce champ  si vaste, qui va du mysticisme à la tradition théâtrale, scénographique, sans que les frontières n’en soient visibles ? Le masque, sorte de profanation du secret, devient objet à inventer pour dépasser en quelque sorte l’acte de profanation (« Le principe de la profanation est l’usage profane du sacré », Georges Bataille dans « l’érotisme »)

Le masque, c’est pour Jean-Paul Muslin la forme interrogative la plus proche de la mémoire et la mémoire, c’est depuis la malvoyance, le moyen unique de transmettre, de capter quelque chose de cette fantastique bibliothèque, banque d’images accumulée au fil des années. Depuis la maladie -et même avant mais plus inconsciemment- c’est la mémoire de la mémoire qui va constituer « l’interrupteur intime », le moteur sans lequel rien n’est possible.

Depuis la malvoyance, le phénomène de mémoire moteur prend alors tout son sens et radicalise totalement l’expression qui en découle. Aucun retour n’est possible, la seule issue est l’œuvre elle-même.

Les masques, les masques prolongés, les poupées tartares et viscérales…Quelle sera la suite ? Jean-Paul Muslin l’ignore, ce dont il est sûr est qu’il faut chercher toujours plus avant dans le labyrinthe de toutes les « zones grises » du monde…

 

 

 

Professional background


John Paul Muslin was born in Paris in 1948. After studying at the Ecole des Beaux Arts in Paris (1965-1971) and at the EBU scenography of the Faculty of Censier (1968-1971), his career professional long embrace the visual arts and the performing arts.
Thus, from 1971 to 1972 until 2001, he followed exhibitions of drawings, prints and sculptures, public order (Paris Mint) and his work in theater and television.
But his career was interrupted in 2001: in fact, at that time he was struck by an eye disease that makes visually impaired. He never think to work, and lost his footing.
Only after a silence of more than 10 years, finally, he finds, after attempts and failures, the average working again. This way, it will be his memory.
His work, until very strongly oriented on the body, anatomy, eroticism, becomes totally radical in this research, and radical it becomes decidedly singular.
The first drawings of Jean-Paul Muslin since the resumption of his work dates from the end 2011/2012, and new masks and dolls follow.


The work

All the work of Jean-Paul Muslin, in all ages, is built around the same "subject" so to say. The "subject" is the body, the body, the face, the faces, in torment, suffering, eroticism and death.
Has always lived by the memory of the utter horror, especially the camps, he continues to question the hidden man himself that lead to this kind of mental mechanisms gutting and leaves the human in shreds.
In his work as an artist, as well as some theatrical experiments ("Trial of Gilles de Rais'), it will draw in particular Georges Bataille, key possible reading of this" gray area "mentioned by Primo Levi.

His INTIMATE, this constant attention décriptage this always necessarily project the secret area in the extime that is of course the very expression of his work. Therefore, it is no longer a border between the two, the phrase became a necessity of absolute life.


THE MASK, in the broad sense of the term becomes for him long before the eye disease, the major catalyst for this research.
How not to invest in this vast field, ranging from mysticism to the theatrical tradition, scenic, without borders are not visible? The mask, a sort of desecration of secrecy, becomes an object to be invented to overcome somehow the act of desecration ("The principle of the desecration of the sacred profane use," Georges Bataille in "erotica")


The mask is for John Paul Muslin the nearest memory interrogative and memory, it is from low vision, the only way to transmit, capture something of this fantastic library, Images accumulated over the years. Since the disease-and even before but more inconsciemment- is the memory of the memory that will be "intimate switch" the engine without which nothing is possible.


Since visual impairment, the phenomenon of motor memory takes on its meaning and totally radical expression that results. No return is possible, the only way out is the work itself.
Masks, extended masks, dolls ... What next? John Paul Muslin know, what is sure is that we always look deeper into the maze of all the "grey areas" of the world ...